Hébreux 1:8

 

 

Mais à propos du Fils : “ Dieu est ton trône à tout jamais, et [le] sceptre de ton royaume est le sceptre de droiture

Hébreux 1:8 - TMN  

 

 

Comme vous pouvez le lire ici, Hébreux 1:8 revêt un sens particulier dans la Traduction du monde nouveau (TMN). Celle-ci se positionne à nouveau en marge des autres traductions, en supprimant le caractère divin de Jésus.

Si dans les traductions bibliques Dieu le Père fait l'éloge de Dieu le Fils (il dit au Fils: Ton trône, ô Dieu, est éternel), le Père devient en revanche, le trône de Jésus dans la TMN. (Dieu est ton trône)

- Traduire par "Dieu est ton trône" n'a aucun sens. Depuis quand, Dieu le tout-puissant Souverain, serait-il le trône de quelqu'un ?

N'est-ce pas Lui le très-Haut qui siège au-dessus de tout ?

Celui qui siège, est supérieur à son propre trône. Faire de Dieu un "trône", est synonyme d'élever quelqu'un au-dessus de Lui.

Or, il suffit de remonter de 5 versets (v.3), pour lire que Jésus s'est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts (et non pas au-dessus de Dieu). Ou il aurait suffit de lire 5 versets plus loin (v.13) pour constater la même vérité : Et auquel des anges a-t-il jamais dit: Assieds-toi à ma droite... Cette même épître aux Hébreux confirme encore cela un peu plus loin : Jésus... s'est assis à la droite du trône de Dieu. (Hébreux 12:2)

Quant à Dieu, il a pour siège son saint trône (Psaume 47:8).

- La formule "ton trône ô Dieu" s'inscrit dans la continuité de ce qui précède. Et pour cause, Hébreux 1 exprime la supériorité du divin Fils, sur les anges de Dieu.



Lisons plusieurs traductions bibliques :



1) « Mais quand au Fils, elle [l'écriture] dit : Votre trône, ô Dieu, sera un trône éternel;... » (N.T. Lemaistre de Sacy - 1844)(# + Heb. 1:8)

2) « Mais à l'égard du Fils, il dit: O Dieu ! ton trône demeure auw siècles des siècles,... » (N.T. Ostervald non daté - avant 1903) (# + Heb. 1:8)

3) « mais au Fils : Ton trône, ô Dieu, subsiste éternellement. » (N.T. Chanoine E. Osty, 2e édition revue et corrigée - 1949) (# + Heb. 1:8)

4) « Mais il a dit au Fils : Ton trône, ô Dieu, est éternel:... » (N.T. Louis Segond, nouvelle édition revue - 1956) (# + Heb. 1:8)

5) « Il dit du Fils : Ton trône, ô Dieu, subsiste d'éternité en éternité,... » (N.T. Hugues Oltramare - 1879 avec des révisions de 1900) (# + Heb. 1:8)

6) « Mais à son Fils il dit : Ton trône, ô Dieu, est éternel... » (N.T. Annoté - T.R. Père Buzy - 1949) (# + Heb. 1:8)

7) « mais elle [l'écriture] dit à son Fils: Vôtre trône, ô Dieu, sera un trône éternel :... » (N.T. en françois, de notre Seigneur Jésus-Christ, Gaspard Migeot, non daté - XVIIIe Siècle). Nouvelle édition. (# + Heb. 1:8)

8) « ll dit au Fils: «Ton trône, ô Dieu, est éternel. » (Crampon - 1905)

9) « Mais à l’adresse du fil: ton trône, ô Dieu, subsiste à jamais » (Crampon - 1960)

10) « Mais Il a dit au Fils: «Ton trône, ô Dieu, est éternel. » (Louis Segond)

11) « il dit à son Fils : Ton trône, ô Dieu, subsiste dans les siècles des siècles » (Jérusalem)

12) « Mais pour le Fils, celle-ci : Ton trône, Dieu, est établi à tout jamais ! » (TOB)

13) « Mais quant au Fils : « Ton trône, ô Dieu, [est] aux siècles des siècles » (Darby)

14) « Mais au sujet du Fils, il dit : Ton trône, ô Dieu, subsiste pour toute éternité, » (Semeur)

15) « Mais quant au Fils: O Dieu! ton trône demeure aux siècles des siècles » Osterwald

16) « Mais au sujet du Fils, il a déclaré: «Ton trône, ô Dieu, est établi pour toujours. » (Bible en Français courant - BFC)

17) « et d’autre part, au sujet du fils: Ton trône, ô Dieu, est établi pour l’éternité » (Maredsous)

18) « Mais pour le fils: «Ton trône, Elohïm, pour les pérennités de pérennités » (Chouraqui)

19) « But vnto the Sonne, he saith, Thy throne, O God, is for euer and euer:...» (King james - 1611)

20) « But unto the Son [he saith], Thy throne, O God, [is] for ever and ever » (King james actuel)

21) « Mais il dit au Fils: Ton trône, ô Dieu, est éternel;... » (La Sainte Bible avec commentaires de John MacArthur) (# + Heb. 1:8 + note)

Voici ce que dit la note en bas de page :

1:8-9   il a dit. En citant le Ps 45:7-8, l'auteur soutient que le Fils est Dieu et qu'il est souverain sur la création (cf. v.3). Ce texte est d'autant plus significatif que l'affirmation de la divinité du Fils est présentée comme sortie de la bouche du Père lui-même (cf. Es 9:5; Jé 23:5-6, Jn 5:18; Tit 2:13; 1 Jn 5:20). Il est clair que le rédacteur de l'épître avait les trois offices messianiques à l'esprit: prophète (v.3), sacrificateur (V. 3) et roi (vv. 3, 8). Pour pouvoir exercer chacune de ces trois fonctions, il fallait avoir été oint (v.9). Le titre de Messie (Christ) signifie "oint" (cf. Es 61:1-3; Lu 4:16-21).

22) Nouveau Testament interlinéaire Grec/Français - Maurice Carrez - 1993 (4 traductions) :

NT-inter-GF Carrez-Heb1-8

1) GNT (Texte Grec) : πρὸς δὲ τὸν υἱόν, ὁ θρόνος σου, ὁ θεός, εἰς τὸν αἰῶνα τοῦ αἰῶνος, καὶ ἡ ῥάβδος τῆς εὐθύτητος ῥάβδος τῆς βασιλείας σου.
2) Traduction littérale (sous le Grec) : mais pour le Fils: Le trône de toi, - Dieu, pour l'ère de l'ère, [...]
3) TOB (En haut à gauche) : Mais pour le Fils, celle-ci: Ton trône, Dieu, est établi à tout jamais ! [...]
4) FC (En bas à gauche) : Mais au sujet du Fils, il a déclaré: " Ton trône, ô Dieu, est établi pour toujours [...]

 



Que dit le texte grec ?



Face à cette différence opposant la TMN à la Bible, il est bon regarder ce que dit le texte grec. Pour cela, consultons The Kingdom Interlinear Translation of the Greek Scriptures (la Traduction Interlinéaire du Royaume).

KIT-Heb1-8

En grec, le texte dit littéralement : « Le trône de toi, le Dieu, pour la durée de la durée »

Dans ce texte, le Père s'adresse à Christ en le nommant « Dieu ».

Le nominatif, ici avec l’article (ho théos), est employé avec le sens du vocatif singulier (qui n’existe pas en grec): « ô Dieu » .

Regardons ce qu'enseigne à ce sujet, un seconde Bible qui a été imprimé par la société Watchtower : "The Emphatic Diaglott" :

Diag-Heb1-8

Nous voyons que ce verset à été traduit correctement par : "Ton Trône Ô Dieu..."



Hébreux 1:8 est une citation du Psaume 45:6



En hébreu littéral, nous lisons : Ton trône Dieu éternel (כִּסְאֲךָ֣ אֱ֭לֹהִים עוֹלָ֣ם ◄) (ōwlām ’ĕlōhîm kis’ăḵā ◄)

Au mépris du texte hébreu, la Traduction du monde nouveau rend ainsi ce verset :

« Dieu est ton trône pour des temps indéfinis, oui pour toujours »

Psaume 45:6 - TMN  

Si nous prenons par exemple, la Traduction Louis Segond, nous verrons qu'elle est clairement en accord avec le texte hébreu :

« Ton trône, ô Dieu, est à toujours; Le sceptre de ton règne est un sceptre d'équité. »

Psaume 45:6 - Louis Segond  


Lisons maintenant le Psaume 146:10 dans la TMN

Jéhovah sera roi pour des temps indéfinis, ton Dieu, ô Sion, de génération en génération. Louez Yah !

Psaume 146:10 - TMN  

Ici la TMN rend correctement le vocatif «ô Sion»; c’est ce qu’elle aurait dû faire au Psaume 45 en mettant: «ô Dieu».

Le Psaume 45 est un Psaume messianique et doit être interprété à la lumière du Nouveau Testament et non l'inverse.



Le nominatif

Voici ce que dit le Manuel de syntaxte pour l'exegèse du Nouveau Testament (Daniel Wallace - Excelsis)

Un passage théologiquement significatif

Hé 1:8

πρὸς δὲ τὸν υἱόν, ὁ θρόνος σου, ὁ θεός, εἰς τὸν αἰῶνα τοῦ αἰῶνος
mais au Fils [il déclare], "Ton trône, ô Dieu, subsiste pour toute éternité".

Syntaxiquement θεός pourrait remplir ici trois fonctions différentes : sujet ("Dieu est ton trône"), attribut ("ton trône est Dieu"), ou nominatif d'adresse (comme nous l'avons traduit ici). Les traductions supposant que ce terme est un sujet ou un attribut peuvent être regroupées et opposées à la troisième approche. À nos yeux, le nominatif d'adresse devra être préféré aux autres pour les raisons suivantes: (1) il est peu pertinent de supposer que si l'auteur avait voulu s'adresser à Dieu il aurait dû utiliser le vocatif θεὲ puisque celui-ci n'apparaît qu'en Matthieu 27.46. Partout ailleurs c'est le nominatif avec article qui est utilisé pour cela. (2) Ce fait est tout particulièrement net dans les citations de la LXX (comme ici en Hé 1.8; cf Hé 10.7) puisque celle-ci est réticente à utiliser le vocatif, probablement parce que l'hébreu ne connaît pas une telle forme. (3) L'accentuation dans le texte hébreu de Psaume 45.7 cité ici dans l'épître suggère qu'il devrait y avoir une pause entre "trône" et "Dieu" (indiquant que la tradition considérait "Dieu" comme une adresse à Dieu). (4) Cette lecture permet de mieux tenir compte de la construction avec μέν ... δέ des v. 7-8. Voir en θεός un sujet ou un attribut ne permet pas de le faire. En particulier, si l'on traduit le v.8 par "ton trône est Dieu" le δέ perd tout caractère adversatif puisque cette déclaration pourrait aussi s'adresser à des anges, affirmant que le trône, le souverain qui est au-dessus d'eux, c'est Dieu.

Source : Grammaire Grecque, Manuel de-syntaxte pour l'exegèse du Nouveau Testament (Daniel Wallace - Excelsis) page 65 + Cover



Dieu et Jésus partagent le même trône



C'est ce Jésus que Dieu a ressuscité; nous en sommes tous témoins. Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père le Saint Esprit qui avait été promis, et il l'a répandu, comme vous le voyez et l'entendez. Car David n'est point monté au ciel, mais il dit lui-même: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. Que toute la maison d'Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié.

Actes 2:32-36  

Et il me montra un fleuve d'eau de la vie qui sortait du trône de Dieu et de l'agneau.

Apocalypse 22:1  

[...] Le trône de Dieu et de l'agneau sera dans la ville; ses serviteurs le serviront et verront sa face,

Apocalypse 22:3