... Les faits nous mènent à la conclusion que la Société des Nations est cette " image à la bête ". C'est une formation au service de l'organisation malfaisante de Satan.

La preuve est, en outre, formellement faite que l'idée de la Société des Nations fit conçue par des officiers anglais et que les " quatorze points " et le pacte de la Société lui-même furent établis par des officiers anglais. Mais l'honneur de les annoncer revenait au président des Etats-Unis. Il fut le porte-parole de la bête à deux cornes et son discours, d'un style coulant et agréable, était bien calculé pour donner le change.

Lorsqu'il parla aux nations du monde au sujet de la S.D.N., un Anglais connu s'exprima ainsi au sujet du président américain: " C'était comme si la voix de Dieu parlait au-dessus de nos têtes au continent et aux nations du monde. " Quand ce même président de la grande guerre vint à Paris, on put lire dans les journaux: " A Paris Wilson a reçu une ovation dépassant tout ce qui a été vu en France depuis Napoléon. ... Il a visité Rome où on l'a considéré comme une sorte de Messie, venu pour sauver l'Europe de l'horreur des guerres futures. " A Londres, il fut l'objet d'une démonstration similaire à celle de Paris. " - Voir Encyclopédie Américaine, " Wilson ".

Le pacte de la Société des Nations englobe tous les restes, tous les reliefs du " monstre marin ". Les signataires en sont la plupart des puissances de la terre. L'Egypte (représentée par la Grande-Bretagne) et la Mésopotamie, sous la dénomination de l'Irak (le siège de Babylone et de l'Assyrie), sont comprises dans la Société des Nations, ainsi que la Perse, la Grèce et l'Italie et l'empire Anglo-Américain. Sur ce point il est important de noter que l'un des compartiments de la Société est " La Cour permanente de Justice Internationale " à la Haye. (Encyclopédie Américaine, vol 17, p. 177) La Société des Nations a constitué une des clauses du traité de paix. Le président des Etats-Unis a insisté pour son adoption par le Sénat des Etats-unis. Une opposition s'est dressée contre lui basée " essentiellement sur un fondement impérialiste ". La grosse industrie, les politiciens et presque tout le clergé de L'Amérique se sont joints à un groupe similaire de nationalité britannique pour faire accepter le pacte de la S.D.N. Le Sénat des Etats-Unis a refusé de confirmer le pacte et a conclu un traité séparé avec les puissances teutoniques. Mais la bataille déclenchée afin de faire entrer l'Amérique dans la Société des Nations ne s'est pas bornée là.

La fédération américaine des églises a appelé la S. D. N. " l'expression politique du royaume de Dieu sur la terre ". le président des Etats-unis qui a succédé au président de la guerre a fait un effort désespéré pour obtenir la ratification de la Cour mondiale, qui est une émanation du pacte de la société des Nations. En mai 1923, le clergé comprenant 125, 000 congrégations américaines commença une campagne en faveur de la proposition du président tendant à ce que les Etats-Unis fissent partie de la " Cour Permanente de Justice Internationale " de la Société des Nations. Le Conseil fédéral des églises appuya cette campagne et mit en oeuvre toute son influence sur les politiciens pour obtenir le résultat désiré. Il prétendait représenter vingt millions de personnes. mais les Etats-Unis ont fait partie de la Ligue des Nations en dépit des efforts tentés par quelques-uns pour les empêcher d'y entrer.

Le Secrétaire d'Etat des Etats-unis, intervenant comme orateur, présenta à la conférence des nation à Paris le traité appelé " pacte général pour la renonciation à la guerre ". Il fut signé par quatorze puissances, toutes membres de la Société des Nations, et ratifié par le Sénat des Etats-Unis Un quotidien américain écrivait à ce sujet :" Enfin, les Etats-unis se sont joints à la famille des Nations ". Nous ne sommes plus un peuple isolé. Nous n'avons pas peur du spectre d'alliances embrouillées. Nous sommes prêts à assumer les obligations créées par notre puissance et par notre fortune. - Age-herald " (Birmingham).

Un autre journal s'exprima en ces termes: " La S.D.N. invite les Etats-Unis à prendre place dans la Cour mondiale. " Le Ministre des Affaires Etrangères en Allemagne, d'après les journaux, a dit que " l'adhésion des Etats-unis à la Cour était la conséquence logique du pacte Kellogg, qu'elle augmenterait le prstige du tribunal et hâterait les progrès de la cause de l'arbitrage contraire à la guerre ". " L'Evening World " de New York du 8 mars 1929 écrit: " Nombre de membres de la Ligue des Nations ont considéré comme conséquence dd pacte Kellogg que le Conseil ait approuvé la proposition émise par le Ministre des Affaires Etrangères de France, Briand, et aux termes de laquelle un traité accordant une aide financière aux nations victimes d'une agression sera soumis aux nations qui ne font pas partie de la S.D.N.
... On estime à Genève que les Etats-unis sont intéressés à l'observation du pacte Kellogg et que, si l'un des signataires faisait la guerre en violant ainsi ses promesses, les sympathies américaines s'orienteraient vers un blocus économique de l'agresseur et peut-être vers la participation dans l'aide financière à accorder à la victime ou à la nation en danger.

Le " Journal de Genèse ", qui est le porte-parole des sentiments de la S.D.N. écrivait récemment: " La S.D.N. peut entrer en pourparlers avec les Etats-Unis en cas de guerre et dire: le Pacte Kellogg a été violé. Quelles sont vos intentions ? En conséquence, l'agresseur rencontrerait au moins la réprobation passive, mais certainement pas moins redoutable des Etats-Unis. " Les faits démontrent donc nettement que le traité de paix connu sous le nom " pacte général pour la renonciation à la guerre " est un élément de la société des nations et un acheminement détourné donc décevant, des Etats-Unis à leur entrée dans la S.D.N., dont elle fait en effet partie actuellement.

1930 - Lumière, vol 1, pages 321-324  

 
 
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