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Pour sa traduction, Luther ne s'appuie pas sur la Vulgate, la traduction latine d'usage en Allemagne, mais sur le texte grec originel et recourt à l'édition que vient de publier Érasme. Pour se faire comprendre autant que possible dans tout l'espace germanophone, il évite le dialecte oral d'usage trop limité et adopte le langage de la chancellerie saxonne du prince Frédéric le Sage. Il pose ainsi les fondements du nouveau haut allemand. Il est remarquable de voir comment il procède. Bien qu'il commence par rechercher soigneusement le sens de tous les passages de la Bible, il fait finalement le choix d'une exacte transposition dans une langue qui garde toute la vigueur et la précision du texte original. La force particulière de son texte consiste en sa cadence, que nombre de révisions ont maintenue jusqu'à aujourd'hui encore : elle n'a rien du style ampoulé des gens cultivés, mais est empruntée au langage populaire.
Le Testament de Septembre de Luther, ainsi qu'il a appelé sa traduction au lendemain de sa parution, connut un tel succès qu'il dut dès décembre 1522 en faire imprimer une seconde édition qui comporta nombre d'améliorations. En deux ans seulement, l'ouvrage connut 14 éditions et 66 réimpressions. La version allemande de l'Ancien Testament, rédigé en hébreu, lui demanda plus de temps : il traduisit le Pentateuque en 1523, Josué, Job, les Psaumes et Salomon en 1524, les Prophètes entre 1526 et 1530, les livres de la Sagesse en 1529, les autres deutérocanoniques en 1532. La première Bible de Luther, traduction complète des Écritures saintes en allemand, parut en 1534. Source : Mémoire du Christianisme - Larousse, Page 237 |